02-28-2019

Une nouvelle étude[1] menée par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et l’Université d’Oxford démontre un lien entre la consommation de cannabis et des comportements dépressifs chez les jeunes. En 2017, les travaux de l’Institut en santé mentale de Montréal avaient déjà démontré une relation entre consommation de cannabis et des comportements violents. Les risques auxquels s’exposent les jeunes en consommant du cannabis constituent un défi de taille en termes de prévention et de réadaptation.

Cannabis et santé mentale

Un certain pourcentage de jeunes consommateurs de cannabis serait susceptible de développer des dépressions voire des comportements suicidaires. C’est ce qu’avancent les conclusions d’une récente étude mené par un groupe de chercheurs de l’institut de recherche de McGill sur plus de 23 000 individus. Les recherches combinent des résultats de plusieurs travaux internationaux sur le lien entre cannabis et santé mentale.

Alors que les 15-25 ans représentent 20 à 30 % des consommateurs de cannabis au Canada, soit la majeure partie d’entre eux, les chercheurs ont analysé le risque de dépressions, d’anxiété et de pensées suicidaires chez les consommateurs quotidiens et occasionnels afin de déterminer l’existence d’un lien.

Ainsi, l’étude suggère que le diagnostic de dépression chez 7 % des Canadiens et des Américains âgés de 18 à 30 ans est lié à la consommation de cannabis. Ces résultats impliqueraient donc que 25 000 jeunes Canadiens et 400 000 Américains souffrent de dépression en raison d’une consommation de cannabis à un jeune âge. Les scientifiques rappellent qu’il est impossible de prédire avec exactitude le risque d’une consommation de cannabis pour chaque individu. En revanche, l’usage généralisé de cette substance chez les jeunes est de plus en plus un problème de santé publique.

Une précédente étude[2] menée par l’Institut en santé mentale de Montréal démontrait que, chez les individus possédant des troubles de santé mentale, l’usage prolongé de cannabis était extrêmement souvent associé à des comportements violents chez les jeunes. Les recherches ont montré que l’usage chronique de cannabis provoquait des déficits du cortex préfrontal, partie du cerveau qui joue une grande part dans l’inhibition des comportements impulsifs et violents.

Un défi de santé publique

Avec la légalisation du cannabis au Canada, les enjeux liés à la consommation sont multiples et proposent déjà plusieurs défis en termes de santé publique. S’il est pour le moment impossible de connaître de façon exacte l’effet de la légalisation sur une possible augmentation de la consommation de cannabis, on peut d’ores et déjà voir l’émergence de plusieurs études scientifiques motivées par les risques sur la santé mentale des individus.

Portage a, depuis 45 ans, participé à un bon nombre d’études sur la dépendance aux drogues et ses effets sur la santé. Peu de recherches ont démontré de façon claire le lien entre la consommation de cannabis et les problèmes de santé mentale. Les intervenants des programmes de réadaptation en toxicomanie de Portage sont confrontés tous les jours aux ravages du cannabis. Les hommes et les femmes qui entreprennent leur processus de réadaptation évoquent bien souvent des troubles d’anxiété et de dépression liés à la consommation de cette substance en particulier. Plusieurs ont déjà essayé d’attenter à leur vie à cause de leur trop grande détresse. Au sein des programmes offerts aux adultes, aux adolescents et aux mères, ces deniers acquièrent les compétences nécessaires pour mener une vie sobre et productive.

Au sein du programme pour toxicomanes souffrant de problèmes de santé mentale (TSTM), nouvellement offert aux femmes, on peut observer directement le lien entre consommation de cannabis et santé mentale. Ce lien, appuyé par la communauté scientifique, est un défi pour les gouvernements et les organismes de santé qui devra être relevé dans les années à venir.


[1] https://www.sciencedaily.com/releases/2019/02/190213172307.htm

[2] https://www.sciencedaily.com/releases/2017/10/171006164855.htm

2 Responses to “Cannabis, violence et dépression : de nouvelles études appuient le lien”

  1. jhon

    Consomateur depuis l’âge de 13 ans.
    Je me retrouve dans cette étude.
    Dépression,Envie suicidaire,agressif par moment…
    Malheureusement après plusieurs tentatives je n’arrive toujours pas à arrêter.
    A la limite cela ne me fait plus d’effet.
    Avez-vous de bons conseils à fin de me débarrasser du cannabis?

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  2. Deschênes Jacques

    Le cannabis est une drogue qui peut créer une forte dépendance comme l’alcool. L’idée répandue, c’est que les gens pensent que ça va régler leur problème alors que ce n’est qu’une béquille temporaire qui peut devenir permanente. Un coup accroché, il devient alors très dur d’en sortir. A consommer avec modération comme l’alcool.

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