pot cannabis marijuana

04-16-2018

Un début très innocent
J’avais 14 ans lorsque j’ai fumé mon premier joint de cannabis. Je vivais en région et c’était notre façon de s’amuser entre amis les week-ends. La semaine, j’étais un élève studieux, j’obtenais de bons résultats scolaires, j’étais sportif et socialement très impliqué.

J’ai quand même eu un avant-goût de ce qui allait éventuellement se produire, bien entendu, sans vraiment y prêter attention. J’étais celui de mes amis qui en voulait toujours plus, qui souhaitait faire le party plus que les autres (lire Sommes-nous tous égaux devant l’addiction?).

Cinq ans plus tard, j’ai décidé de quitter ma région pour vivre ma vie à Montréal. J’ai cumulé les jobines, les occasions de faire du sport étaient plutôt rares et les opportunités de fumer se sont multipliées. Je pensais à ce moment-là que le pot m’aidait à relaxer et il est rapidement devenu mon pain quotidien. Les gens de mon entourage étaient bien évidemment des consommateurs réguliers et la distance se creusait entre mes parents et moi. En fait, je les appelais uniquement quand j’avais des problèmes d’argent, et cela ne me ressemblait pas. Ils ont dû avoir la puce à l’oreille… j’ai eu droit à une mini-intervention.

Un problème, moi?
Je suis allé les voir le temps d’un week-end. Leur ordinateur était ouvert sur le site de Portage. Ils avaient fait leurs recherches. J’ai décidé de visionner les vidéos des résidents et je me suis reconnu. Pour la première fois, j’ai compris que j’avais un problème de consommation. J’ai appelé Portage, j’ai pris rendez-vous avec un agent aux admissions, mais je n’ai pas poursuivi ma démarche.

Je n’étais probablement pas prêt à partir 6 mois en thérapie alors que je n’avais jamais essayé d’arrêter de consommer par moi-même. Je me suis donc retrouvé un travail par l’entremise d’un ami, je me suis mis comme objectif de diminuer ma consommation et je me suis dit que tout allait bien se passer (lire La drogue et l’alcool : des pièges sournois).

 

pot cannabis marijuana

 

Ma tolérance au cannabis ayant augmenté avec le temps, ça faisait 10 ans que je consommais, j’ai eu recours à une drogue plus dure : la cocaïne. Et en quelques mois de consommation juste pour le fun, elle est devenue problématique.

 

 

 

Ma descente en enfer

Mes intentions étaient nobles, mais la réalité, plus grossière. Ma tolérance au cannabis ayant augmenté avec le temps, ça faisait 10 ans que je consommais, j’ai eu recours à une drogue plus dure : la cocaïne. Et en quelques mois de consommation juste pour le fun, elle est devenue problématique. J’ai menti plusieurs fois à mon boss qui était aussi mon ami, et je l’ai volé pour m’en procurer. J’ai évidemment été licencié, la pire chose qui pouvait m’arriver à ce moment-là.

Le soir de mon licenciement, comme je ne voulais pas ressentir mes émotions, dont certainement la honte et la colère, j’ai décidé de me péter la face. Bière, cocaïne et cannabis étaient mes invités pour la soirée. Elle s'est terminée à 4 h du matin, aux toilettes à me vomir les tripes, et épuisé, j’ai pu enfin dormir. Lorsque je me suis réveillé, je ressentais les mêmes émotions de la veille et je me suis dit enough is enough! Je ne pouvais plus continuer ma vie ainsi, je n’étais pas heureux, je voulais m’en sortir.

 

pot cannabis marijuana

 

 

J’ai ouvert mon portefeuille et la carte de Portage y était toujours, blanche et immaculée. De façon étrange, c’était la seule carte qui n’avait pas été déchirée pour en faire un filtre de joint. Je l’ai longuement regardée, c’était comme si l’on me donnait carte blanche, j’avais les pleins pouvoirs pour accomplir une tâche : me sortir de la dépendance.

 

 

Une belle carte blanche

J’ai ouvert mon portefeuille et la carte de Portage y était toujours, blanche et immaculée. De façon étrange, c’était la seule carte qui n’avait pas été déchirée pour en faire un filtre de joint. Je l’ai longuement regardée, c’était comme si l’on me donnait carte blanche, j’avais les pleins pouvoirs pour accomplir une tâche : me sortir de la dépendance.

Je suis donc parti au Lac Écho pour prendre soin de moi et réapprendre à vivre sans avoir recours à des substances. Réintégrer une communauté n’a pas toujours été facile. Je me suis au début beaucoup comparé aux autres pour me rendre compte qu’en fait je me battais contre moi-même car je n’acceptais pas d’être toxicomane. Le déclic s’est enfin fait et j’ai décidé que je ne reconsommerais plus jamais.

Devenir intervenant en toxicomanie

À la fin de mon programme, en postcure, quelques intervenants m’ont mentionné qu’un contrat de six mois comme intervenant au centre de jour de Portage était offert. J’ai toujours travaillé en animation et dans le milieu communautaire alors j’ai décidé d’aller passer l’entrevue. J’ai obtenu le poste et cela fait maintenant trois ans que je suis intervenant à Portage. Je termine d’ailleurs mon certificat en toxicomanie à l’Université de Sherbrooke.

J’ai la chance de travailler à la porte d’entrée du programme pour adultes de Portage. Les toxicomanes, comme moi il y a trois ans, arrivent ici avec la flamme éteinte. Mon rôle est de les préparer à intégrer la communauté du Lac Écho et à la nouvelle vie qui les attend. Je suis là pour les écouter et les accueillir avec ouverture et empathie. Avec toute mon authenticité, je leur transmets que la vie est belle. Je rallume les flammes…

 

Allumeur de réverbères, David Bigras, intervenant à Portage.

 

Pour consulter notre campagne :

LA LÉGALISATION N'ARRÊTE PAS LA DÉPENDANCE. Soyons vigilants.

 

2 Responses to “De fumeur de pot à allumeur de réverbères”

  1. LouLou Borduas

    Bonjour David,

    ton témoignage est inspirant, merci du partage,

    ps: je suis toujours sobre

    Répondre
  2. Hélène-Lise Trudeau

    MERCI DAVID
    De nous allumer tous et toutes, nous les «non-consommateurs» qui avons tant besoin d’être guidés dans notre démarche afin de devenir des aidants positifs auprès de nos proches que nous aimons tant.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sign me up for the following newsletters: