J’ai intégré le programme postcure de façon assidue et je continue d’y participer tous 15 jours. Compte tenu de mon âge, de ma sobriété et de ma condition de retraité, mon cercle social est beaucoup plus restreint qu’avant.
Court terme
Tout de suite après la transition [de la thérapie au programme postcure], j’étais épuisé et extrêmement fragile. Je me demandais souvent si j’allais m’en sortir.
Les rendez-vous hebdomadaires étaient vite devenu pour moi un objectif concret. Éviter la rechute, un jour à la fois, une semaine à la fois.
Le fait de devoir partager comment je me sentais m’a appris à prendre un moment, la veille ou le jour même, pour réfléchir honnêtement à mon état. Cette habitude m’accompagne encore aujourd’hui.
Moyen terme
Le postcure est un espace où je peux échanger en toute franchise avec des pairs qui ne me jugent pas. C’est un moment privilégié d’écoute et de partage.
J’ai le sentiment d’appartenir à une communauté qui m’a sorti de l’isolement dans lequel je vivais avant la thérapie.
Ces échanges sincères avec mes pairs m’ont également appris à mieux communiquer avec ma famille et mes proches.
Dans le cadre du programme postcure, on parle des moments difficiles : les émotions intenses, les situations où j’ai frôlé la rechute. En écoutant les histoires des autres, je relativisais ma propre situation.
La plupart des personnes de mon entourage consomment toujours, et certains ont même un problème de dépendance. C’est pourquoi faire partie du groupe de postcure est essentiel pour moi : cela me rappelle de ne jamais oublier d’où je viens.
Quand j’écoute les pairs qui viennent de terminer leur thérapie, je perçois leurs défis et leur vulnérabilité. Ces échanges renforcent mon empathie et me rappellent que le rétablissement est un processus continu. Ils me motivent à rester engagé et me permettent de mesurer tout le progrès que j’ai accompli jusqu’à présent.
Le postcure m’offre aussi un espace pour échanger avec d’autres personnes dépendantes, ce qui n’est pas toujours possible avec nos proches. Pour eux, l’abstinence est perçue comme la fin du problème, alors qu’en réalité le rétablissement est un processus qui nécessite des efforts continus.
Pour conclure, je dirais que le postcure m’a permis de consolider les comportements acquis pendant la thérapie : Ne plus craindre la souffrance, être honnête, courageux et persévérant.
Pierre, Centre de jour de Québec, 2024
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