About Portage

02-26-2016

Pour les employeurs et le service des ressources humaines, la gestion de la réintégration au travail d’un employé de retour d’un congé pour suivre un programme de réadaptation en toxicomanie n’est pas toujours évidente. Comment l’accueillir pour faire en sorte qu’il se sente à l’aise et qu’il redevienne un employé efficace?

Il y a plusieurs éléments à comprendre et à considérer dans la préparation du retour d’un employé.

Considérer le cas particulier

En premier lieu, il faut réfléchir aux circonstances du départ de l’employé ainsi qu’à son historique de traitement. Est-ce que l’individu a été obligé de suivre une thérapie ou est-ce qu’il a pris cette décision de son propre chef? Est-ce la première fois qu’il suit un programme de réadaptation en toxicomanie ou la troisième? Est-ce que tout le personnel du bureau a su qu’il avait un problème de consommation et qu’il a suivi un traitement? Il y a plusieurs questions à envisager, mais le plus important est de considérer le cas particulier de l’individu et de l’impliquer dans le processus de réintégration au travail.

Comprendre ce que l’employé vient de vivre

Lorsqu’on comprend ce que l’employé a vécu, on peut être plus sensible à sa réadaptation continue.

Aux centres de réadaptation en toxicomanie de Portage, les usagers sont encadrés par un horaire hautement structuré et une vie de groupe où écoute et soutien sont omniprésents. Pendant les discussions et l’examen des problèmes fondamentaux qui ont contribué à leurs problèmes de consommation, les usagers vivent une grande vulnérabilité et une intensité émotionnelle élevée ainsi que de fréquentes remises en question.

Par le biais de l’entraide et de la responsabilisation, ils acquièrent des compétences sociales comme la communication efficace, comment demander de l’aide et comment travailler en équipe, ce qui les aide à mieux gérer le stress au quotidien et à développer une meilleure confiance en soi.

Considérer le contexte du travail

Évidemment, le contexte du travail doit guider le processus de réintégration de l’employé. Est-ce que son poste est syndiqué? Est-ce un organisme public, communautaire, gouvernemental, institutionnel, privé? Quelle est la taille de l’entreprise? Est-ce qu’il y a un service des ressources humaines? Le type de travail peut également orienter le processus. Par exemple, différents éléments seront considérés s’il s’agit d’un infirmier ou d’un comptable.
Certaines entreprises ont un protocole de retour au travail à suivre qui peut comprendre des tests de dépistage, la nécessité d’un suivi médical, la validation de la participation au programme postcure, un retour au travail progressif. Si c’est le cas, il faut envisager la possibilité d’un protocole adapté aux besoins de l’individu.

Prendre en compte les éléments anxiogènes

Il est important de prévoir les facteurs anxiogènes fréquemment observés lors du retour au travail :
La justification de l’absence auprès des collègues de travail;
L’appréhension du dévoilement social;
Le jugement social – la peur de ne pas être compris, la difficulté à réintégrer le groupe, la perte du lien de confiance avec l’employeur et les collègues;
L’inquiétude que le niveau de performance à jeun ne sera pas suffisant;
Le sentiment d’être redevable à son employeur pour son absence;
La difficulté d’adaptation à la vie extérieure (moins structurée, présence de drogues, etc.).
Quelques suggestions pour faciliter le retour au travail

Consulter l’employé et tenir compte de son opinion sur les moyens qui pourraient faciliter et soutenir le processus (retour progressif, horaire flexible, disponibilité pour aller aux groupes postcure).
Offrir du renforcement positif, souligner les efforts de la personne et reconnaître ses acquis.
Évaluer les facteurs de risque de rechute associés au milieu du travail, comme les tâches, le stress, l’horaire, les conflits entre collègues, ou si c’est un environnement potentiellement à risque, comme un restaurant où il y a de l’alcool.
Respecter les enjeux de confidentialité.
Collaborer avec l’équipe des services postcure du centre de réadaptation où l’individu a été traité pour assurer un soutien et un suivi optimal.

Bien que tout ce processus semble un défi de taille, s’il est bien géré, vous contribuerez non seulement à la réussite personnelle de l’individu, mais également au bien-être de votre organisme.