legalisation cannabis

12-14-2018

Plus d’un mois après la légalisation du cannabis au Canada, plusieurs constatations peuvent être faites. Les problèmes d’approvisionnement des succursales ont poussé ces dernières à réduire leurs heures d’ouverture. Les grandes attentes en matière de réduction du marché noir et du contrôle de la qualité des substances distribuées se sont heurtées à la réalité.

Mercredi 17 octobre 2018, jour 1, les succursales de la Société Québécoise De Cannabis (SQDC) ouvrent leurs portes à 10h00. Des centaines de personnes attendent patiemment depuis l’aube l’ouverture des premiers magasins de cannabis récréatif légal. Les files d’attente sont tellement longues qu’il faudra plus de quatre heures aux consommateurs pour y mettre un pied. Les chiffres publiés à l’issue de la première journée sont considérables : pas moins de 42 000 commandes passées en moins de 24 heures. Le monde s’attendait à une euphorie générale mais la légalisation du cannabis dépassa toutes les attentes. La SQDC est bien le blockbuster de l’année!

Et puis, tout s’arrête. N’étant pas préparées à une telle vague de consommateurs, les succursales sont obligées de réduire drastiquement leur ouverture au public. Les commandes sur le net baissent et plusieurs consommateurs se retournent vers leur revendeur dans la rue. La réduction du marché parallèle de vente de drogue était le fer de lance des pros légalisation. Mais comment faire lorsque les dealers cassent leurs prix et qu’il est possible d’obtenir la substance directement chez soi via un simple texto ? La réponse semble simple, absolument rien.

Un récent sondage mené par Ipsos pour le journal Global News révélait que dans les deux semaines qui ont suivi la légalisation, près de 35 % des consommateurs canadiens sont retournés s’approvisionner auprès de leur revendeur sur le marché noir. Les problèmes d’approvisionnement, les prix plus élevés  ainsi que les délais d’attente ont, sans aucun doute, poussé les consommateurs à retourner se fournir dans la rue. Si un Canadien sur trois s’approvisionne en cannabis dans la rue, on peut se demander quelles conséquences ces comportements pourraient engendrer. Loin d’être marginale, le cannabis est la drogue la plus consommée au Canada. Selon Statistique Canada, dans l’année précédente, près de 4.2 millions de Canadiens âgés de 15 ans et plus ont déclaré avoir consommé du cannabis[1].

Ainsi, c’est quasiment 15 % de la population totale du Canada qui consomme du cannabis. Ces chiffres, bien qu’éloquent, ne reflètent pas les problématiques en matière de comportements de consommation. Grâce à l’enquête menée par Ipsos, on remarque que la légalisation n’a pas permis de régler un des plus gros problèmes : le contrôle de la teneur en principe actif du cannabis. (Lire : évolution de la drogue : plus haute, plus grande, plus forte). Affaire à suivre donc.

 

[1] Sources : Statistique Canada, Prévalence de la consommation de cannabis au Canada, 2018-10-11.

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