témoignage

12-19-2018

J’ai toujours eu la volonté d’aider les autres, de servir à quelque chose et de faire une différence. Jeune, je souhaitais faire de l’humanitaire, j’avais le rêve de faire partie d’Infirmières Sans Frontières (IISF). Partir en Amérique du sud par exemple, afin d’aider les populations les plus démunies. Mais, malgré cette envie, j’ai décidé de fonder une famille. Quelques années plus tard, une connaissance m’a parlé d’un poste d’infirmière dans un centre de réadaptation en toxicomanie dans les Laurentides. Je n’ai pas hésité et j’ai embarqué dans le projet. Cela fait à présent 15 ans que je suis à Portage.

 

J’ai commencé au centre résidentiel du Lac Écho pour les programmes adolescents et adultes. Le programme « femme adulte » incluait, à l’époque, un programme pour mères et enfants. J’ai décidé de mener de front mon travail à temps plein ainsi qu’un certificat en toxicomanie, un en santé mentale et un en santé communautaire. Je me suis accrochée et j’ai tiré énormément de satisfaction dans mon travail. Voir les résidents du Lac évoluer et reprendre confiance en eux a été une source de motivation. En 2013, on m’a proposé de prendre la direction des soins infirmiers. Avec ce nouveau poste, je coordonnais les politiques et procédures de soins ainsi que le personnel infirmier. Au total, 12 infirmières auxiliaires étaient sous ma responsabilité.

 

 

Trois ans plus tard, l’opportunité de devenir directrice du programme Mère-Enfant s’offrait à moi. 10 ans plus tôt le programme avait été délocalisé au sein de la ville de Montréal dans des locaux flambants neufs et totalement adaptés à sa spécificité. J’avais débuté mon DESS avant d’obtenir ce poste durant mon mandat de direction des soins infirmiers. J’ai décidé de relever ce nouveau défi et de poursuivre mes études. Aujourd’hui, j’espère obtenir ma maîtrise en juin 2019.

Le programme Mère-Enfant est unique à Portage, la présence des enfants (25 enfants) apporte une dynamique particulière dans le processus de réadaptation. Les mères qui ont un problème de dépendance arrivent souvent pour la même raison : elles ont peur de perdre la garde de leur enfant. Dans le programme, qui dure 6 mois, on aide à mettre en place ou rebâtir le lien parental avec leur enfant. On travaille chaque jour à créer, avec ces mères, un plan de vie solide hors de l’addiction qu’elles pourront continuer. Le but ultime est de développer une constance dans leur vie afin de réussir à gérer leur parentalité.

 

L’approche de Portage est basée sur la communauté thérapeutique. Ce modèle fonctionne grâce au soutien offert par la communauté des usagers qui est le principal moyen pour favoriser l’évolution personnelle, basée sur l’effort personnel et l’entraide mutuelle. Ce qui est incroyable à Mère-Enfant, c’est que la présence des enfants s’imbrique facilement dans la communauté. Les anciennes aident les nouvelles avec ce qu’elles ont appris. Le jour, les mères travaillent ensemble sans leurs enfants pour régler leurs problèmes de dépendances. Le soir, en revanche, les mères sont avec leurs enfants et mettent en pratique les compétences qu’elles ont apprises.

 

Grâce aux enfants, le programme bouge tout le temps! On fait énormément d’activités pour développer les compétences parentales comme des sorties au parc, au café, au musée ou dans des festivals par exemple. Les fins de semaine, les

mères sont toute la journée avec leurs enfants et c’est l’occasion de créer des moments du quotidien. Je dirais qu’il y a un esprit de « famille » au sein du programme Mère-Enfant grâce à la clientèle spécifique. Pour Noël on essaye de faire pleins d’activités comme décorer les sapins et les chambres. On a des échanges de cadeaux pour tout le monde et on organise aussi une journée où le père Noël vient au centre et distribue des présents pour les enfants. Chaque année, on fait un grand repas avec les résidentes et les intervenants pour le réveillon du jour de l’an, c’est aussi l’occasion de se retrouver dans un contexte différent de la thérapie pour partager des moments de bonheur.

Si je devais décrire ma relation avec ces femmes, je dirais que je suis la directrice du programme et donc je suis là pour soutenir l’équipe du Mère-Enfant. La porte de mon bureau est toujours ouverte tant pour les intervenants que pour les résidentes et elle le restera. Enfin, le suivi en postcure de 2 ans qui est proposé à toutes les personnes qui finissent les programmes de Portage, permet de voir le chemin parcouru. On voit les enfants grandir et les itinéraires de ces femmes.

 

Geneviève Minville, directrice du programme Mère-Enfant

2 Responses to “Itinéraire de femme : d’infirmière à directrice de centre”

  1. Marilyn

    Wow je me rappelle de toi en 2004 et en 2006. Tu es vraiment une femme de coeur. Félicitations t’es la meilleure

    Répondre

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