transgender

05-14-2019

Depuis 2016, le centre de réadaptation de Portage à Cassidy Lake, au Nouveau-Brunswick, s’efforce d’adapter ses services aux jeunes transgenres. Les difficultés en termes de discrimination et d’exclusion sociale que vivent ces jeunes les poussent souvent à se renfermer et développer, entre autres, des problèmes de consommation de drogue et/ou d’alcool. Dans cette optique, Portage s’est restructuré afin d’atteindre un seul but : offrir un environnement sécuritaire, exempt de tout jugement et favorable aux jeunes transgenres en situation de dépendance.

Explication du transgénérisme

On dit qu’une personne est transgenre quand elle s’identifie à un genre (masculin ou féminin) autre que celui qui lui a été attribué à la naissance. Tout comme il est impossible de modifier sa propre orientation sexuelle, il est impossible de changer le genre auquel on s’identifie.

Ce que l’on appelle l’hétérosexisme est un système de pensée institutionnalisé qui défend et promeut l’hétérosexualité en la présentant comme étant la norme et en lui conférant une supériorité sur les autres identités et orientations sexuelles. Comme c’est bien souvent le cas lorsqu’une personne ne correspond pas aux standards sociétaux, les personnes transgenres se sentent « différentes des autres » et sont souvent victimes d’une très forte discrimination.

Transgénérisme et augmentation de la toxicomanie

D’après le Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substance, les jeunes transgenres qui mentionnent avoir subi de la discrimination sont plus susceptibles de consommer de la drogue. Les facteurs de stress vécu par des personnes appartenant à des minorités sexuelles ont été associés à la consommation excessive d’alcool chez les hommes transgenres et de cannabis chez les femmes transgenres.

Le système qui exclue les jeunes transgenres peut mener à développer un sentiment de honte et un retrait social d’où le recours à l’alcool et aux drogues pour neutraliser ces sentiments douloureux. Plusieurs études démontrent clairement que la consommation de drogues augmente de façon significative chez les personnes transgenres.

Malheureusement, les raisons qui mènent à la toxicomanie sont les mêmes qui empêchent de demander de l’aide. Portage Atlantique met tout en œuvre pour offrir à ces jeunes un environnement sain et sécuritaire afin de les aider à surmonter leur problème de dépendance.

La mère d’un des jeunes transgenres à Portage explique : « L’ouverture de Portage et l’aide apportée a été déterminante pour notre enfant et nous. Jusqu’à ce qu’il y ait un changement universel dans notre conception du genre, ces enfants qui s’identifient comme un genre autre que celui attribué à la naissance continueront d’intérioriser la honte et la haine de soi. »

Adaptation des services

Venir en aide à ces jeunes a obligé Portage à adapter les services qui sont proposés aux 14-21 ans des provinces de l’Atlantique sous bien des aspects. Grâce au soutien des travailleurs sociaux, Portage a ajusté ses outils d’évaluation ainsi que les plans de soins pour ces jeunes. L’aménagement des locaux (chambres, douches, toilettes, etc.), ainsi que le maintien d’un milieu sécurisant ont également été au cœur des changements apportés. Enfin, prévenir la discrimination et accompagner les jeunes dans le développement de leur identité tout en arrêtant leur consommation sont les missions que Portage s’est donné.

Ainsi, c’est plus de 40 intervenants de différents centres de Portage à travers le Canada qui ont été formés à l’adaptation des services aux personnes transgenres. Les valeurs de Portage comme la dignité, la sécurité et le respect sont, tous les jours, mises en pratique pour accueillir ces jeunes.

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