About Portage

03-18-2013

Cette année, plus de 250 usagers de différents centres de Portage au Québec se sont rassemblés au centre de Portage, à Prévost, pour les activités de la Fête de la Métamorphose et pour célébrer les 40 ans de Portage.  Pendant la réunion du matin, quelques usagers ont témoigné de leur vécu avec la grande communauté.  Voici le témoignage d’Émiliane :

Exister, c’est facile et ardu à la fois. C’est si facile de faire semblant et si difficile d’être qui on est vraiment.


La souffrance fait partie intégrante de la vie, mais ces dernières ont toutes deux une fin. Nous avons tant souffert, car nos vies, celles que nous voulions vraiment vivre, nous coulaient entre les doigts. Si nous sommes ici, chez Portage, c’est que nous avons choisi de faire face à la vie et du fait même à nos souffrances, afin d’en sortir avec force et sérénité. Nous désirons cesser l’autodestruction que nous nous faisions subir par l’abus de drogues et de l’alcool et enfin de vivre nos émoti
ons dans la sobriété.

 


Nous sommes des êtres sensibles et intelligents, dotés d’instinct et de créativité, capables de beaucoup pour assouvir nos passions. Nous avons toutes notre poésie qui nous est propre. C’est l’ensemble de notre être, avec nos forces et nos faiblesses qui nous rendent uniques.


 


Ici, chez Portage, nous trouvons le soutien nécessaire pour effectuer un profond travail sur nous-mêmes. Les jugements n’ont pas leur place en ces lieux exceptionnels. Nous nous protégeons les unes les autres d’un amour inconditionnel, comme seules des femmes peuvent le faire. Nous sommes sensibles aux autres, leurs joies et leurs peines sont aussi les nôtres. Il arrive même que nous vivions davantage les sentiments de nos sœurs plutôt que nos propres émotions, il est très enrichissant de donner du soin, mais il ne faut pas s’oublier. À l’aide de l’entourage qui nous est donné, ici comme à l’extérieur, nous tenterons d’avoir une emprise saine et active sur notre destin.

 


Rappelons-nous qu’être courageuse n’est pas de n’avoir aucune crainte, mais bien de faire l’exercice d’affronter ces peurs. Nous avons peur de notre pouvoir sur nous-mêmes et sur les autres, nous craignons d’être inutiles. Si nous apprivoisons notre pouvoir, pourtant, nous serions prêtes à faire face aux problèmes inévitables de la vie, la vie que nous aurons choisie.


Afin de vivre le moment présent, de sentir le sang désintoxiqué couler dans nos veines, il nous faut pardonner notre passé pour nous permettre de renaître. Il nous faut retourner à l’état d’origine, où il fait noir et paisible. Comme lorsque la chenille devient papillon, elle doit fabriquer son cocon et s’y réfugier un certain temps, alors lorsque la période d’incubation est achevée, un papillon en ressort, épanoui et resplendissant.


 


À l’avenir, nous choisirons nos combats, afin d’être équilibrées et d’avancer.

– Émiliane

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